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Au moins 57 personnes ont été tuées et 300 blessées dans des attentats suicides qui ont frappé quasi-simultanément mercredi trois hôtels à Amman, les premières attaques d'une telle envergure en Jordanie.
Le roi Abdallah II de Jordanie, qui se trouve hors du pays, a immédiatement condamné les "attentats terroristes criminels" qui ont visé les hôtels cinq étoiles Radisson SAS et Hyatt ainsi qu'un trois étoiles, le Days Inn. Il a souligné que "la justice punira les criminels".
Les premiers soupçons des autorités d'Amman se portent sur Abou Moussab al-Zarqaoui, le chef du réseau al-Qaïda en Irak, qui a a maintes reprises menacé la Jordanie où il est déjà condamné à mort par contumace et qui a été qualifié d'un des "principaux suspects" par le vice-Premier ministre Marwan Moacher.
Le Conseil de sécurité de l'Onu se réunira jeudi pour discuter des attaques d'Amman, condamnées par plusieurs pays notamment les Etats-Unis, selon une source diplomatique à New York.
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 Localisation des trois attentats suicides qui ont frappé la capitale jordanienne, Amman
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La police a renforcé sa présence autour des hôtels et missions diplomatiques dans la capitale jordanienne. La Jordanie a fermé pour une période indéterminée ses frontières terrestres dont celle avec l'Irak, un pays en proie à la violence meurtrière de la guérilla, a déclaré M. Moacher. Les mesures de sécurité ont été renforcées dans les aéroports.
"Les attentats ont fait 57 morts", a précisé M. Moacher, soulignant que la plupart des victimes étaient jordaniennes.
De sources hospitalières, on a fait état de plus de 300 blessés.
Vers 21H00 locales (19H00 GMT), un kamikaze a déclenché les explosifs qu'il transportait lors d'une réception de mariage dans la salle de bal de l'hôtel Radisson SAS, dans l'ouest d'Amman, faisant le plus grand nombre de tués, a dit M. Moacher.
"La pièce montée était intacte, et tout autour le chaos. Les chaises étaient retournées, les meubles en morceaux, le sang partout", raconte encore sous le choc un témoin entré après l'attaque dans la salle où se déroulait la fête.
Un attentat a juste après visé le Hyatt où un kamikaze a fait exploser sa ceinture au lobby de l'hôtel situé à moins d'un kilomètre du Radisson SAS, selon M. Moacher.
 Une des victimes des attentats suicides perpétrés à Amman le 9 novembre 2005 en Jordanie
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Presque au même moment un autre kamikaze faisait exploser sa voiture piégée contre le Days Inn, situé dans un autre quartier non loin de l'ambassade d'Israël à Amman.
Des voitures de police et des ambulances étaient sur les lieux pour évacuer les victimes.
M. Moacher a indiqué que personne n'avait encore revendiqué ces attentats, mais s'est déclaré "sûr" que le Jordanien al-Zarqaoui figurait parmi "les principaux suspects".
"Al-Qaïda et al-Zarqaoui étaient certainement mêlés aux attaques d'Aqaba il y a quelques mois et je suis sûr qu'il (al-Zarkaoui) est un des principaux suspects dans ce cas également, mais je ne peux pas l'affirmer avec certitude", a-t-il affirmé sur la chaîne américaine CNN.
Le vice-Premier ministre a précisé que le gouvernement était en "session ouverte et étudiait les mesures à prendre" et indiqué que les écoles, les ministères et les départements publics seront fermés jeudi, décrété jour de "deuil national".
"Ces attentats terroristes sont des actes criminels effectués par des groupes terroristes", a dit le roi Abdallah dans un communiqué publié par le palais royal.
Il a souligné que la Jordanie restait "déterminée à poursuivre sa lutte contre le terrorisme" et a tenu à souligner que "ces actes ne représentaient pas les valeurs du peuple jordanien".
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 Hall du Grand Hyatt hotel après un des attentats suicides, le 9 novembre 2005 à Amman en Jordanie
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La Jordanie, l'un des principaux alliés des Etats-Unis dans la région et qui a conclu la paix avec Israël en 1994, se targuait d'être l'un des pays les plus sûrs de la région. Mais des dizaines d'islamistes accusés d'avoir fomenté des attentats dans le royaume y sont jugés actuellement dans différents procès.
Chef de la branche irakienne du réseau terroriste Al-Qaïda, Al-Zarqaoui, est condamné à mort par contumace en Jordanie. Son groupe est responsable de nombreux attentats sanglants en Irak.
Le groupe de Zarqaoui, qui a menacé à maintes reprises la Jordanie, a revendiqué en août une attaque aux roquettes contre le port jordanien d'Aqaba (sud) où un soldat jordanien avait été tué et contre la station balnéaire israélienne voisine d'Eilat. Le groupe avait alors affirmé que les responsables de l'attaque avaient ensuite regagné l'Irak.
Le président américain George W. Bush, dont les troupes constituent le noyau dur de la Force multinationale en Irak, a condamné "dans les termes les plus vifs" les attentats "barbares" à Amman et offert l'assistance de son pays pour "mener les terroristes devant la justice", a indiqué le porte-parole de la Maison Blanche.
Le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, actuellement en Arabie saoudite, a annulé sa visite prévue jeudi en Jordanie et lancé un appel urgent pour "une action collective contre le terrorisme", selon son porte-parole.
La Syrie, l'Autorité palestinienne, les Emirats arabes unis et la France ont aussi condamné les attentats. |